Août 2018 : Editorial de Mme l’Ambassadeur

Chers compatriotes,
Chers amis de France et de Nouvelle-Zélande, JPEG

Dans une semaine, je quitterai la Nouvelle Zélande après plus de trois années de bonheur professionnel et personnel.

Avant de partir, je souhaiterais adresser les remerciements suivants :

- Tout d’abord, mes remerciements au Président de la République et au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour ma nomination comme Ambassadeur de France en Nouvelle-Zélande, également accrédité aux Iles Cook et à Samoa. C’est un grand honneur et un privilège de représenter la France dans cette partie du monde, d’y être la première femme ambassadrice de France, et de rejoindre le service diplomatique après avoir passé la majeure partie de ma carrière professionnelle au sein du ministère de l’économie et des finances.

- Ensuite, je souhaite remercier le gouvernement et le peuple néo-zélandais pour leur chaleureux accueil et leur coopération. Leur soutien indéfectible, notamment lors des attentats de Paris et de Nice est le témoignage de notre amitié et de nos valeurs partagées. A l’occasion de mes activités professionnelles à Wellington et lors de mes voyages en Nouvelle-Zélande, à Samoa et à Rarotonga, j’ai rencontré des ministres, des fonctionnaires, des agriculteurs, des hommes d’affaires, des hommes, des femmes, des enfants, Pakeha, Maori et tant d’autres. Chacune de ces rencontres m’a permis de mieux comprendre ce pays.

- Je voudrais aussi remercier, chers compatriotes, tous ceux d’entre vous que j’ai rencontrés, non seulement ceux engagés auprès de notre communauté, je pense aux Consuls Honoraires, responsables d’îlots, aux membres des alliances françaises, des associations, de la Chambre de commerce mais aussi toutes celles et ceux rencontrés au cours de mes déplacements et portant haut l’image et le dynamisme de notre pays.

- Enfin, je souhaiterais particulièrement remercier dans cette lettre, ma formidable équipe à l’ambassade sans qui, rien de ce que j’ai accompli n’aurait été possible. Rodolphe, Véronique, Frédéric, Anthony, Arnaud, Paul, Philippe, Sébastien, Christelle, Rose, Stephania, Jessica F, Stéphane, Pascale, Jessica R, James, Yves, Brazil et Wilhma. Merci.

JPEG

« Partir, c’est mourir un peu ». Je laisse cependant derrière moi les réalisations suivantes pour, je l’espère, de nombreuses années :

1. Le mémorial français au « Pukeahu National War Memorial Park » à Wellington, un formidable projet collectif, cadeau de la France à la Nouvelle-Zélande, qui a été inauguré le 4 mai 2018 par la ministre déléguée aux Armées, Mme Darrieussecq. Il restera un témoignage de la fraternité forgée sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale entre la France et la Nouvelle-Zélande.

2. Le déménagement de l’ambassade dans de nouveaux locaux. Le 20 août prochain, toute l’équipe sera rassemblée au 8ème étage du 20 Ballance Street à Wellington et vous accueillera dans un espace totalement nouveau.

3. La rénovation de la Résidence, vitrine d’une France plus contemporaine mais qui rend également hommage au caractère historique du bâtiment.

Paris, première étape du déplacement européen de Jacinda Ardern

A titre professionnel, j’ai eu le plaisir d’accueillir à Auckland le Premier ministre Manuel Valls en mai 2016 et deux Premiers ministres néo-zélandais à Paris. John Key a assisté au défilé des troupes néo-zélandaises sur les Champs-Elysées avec les célèbres guerriers maori en juillet 2016. En avril dernier, le Premier ministre Jacinda Ardern a choisi Paris comme première étape de son déplacement en Europe.

Je souhaite au prochain ambassadeur de pouvoir accueillir le Président de la République en Nouvelle-Zélande (et peut-être en Antarctique ?) et mettre en œuvre la déclaration conjointe adoptée à Paris par le Président M. Emmanuel Macron et le Premier ministre Mme Jacinda Ardern.

L’adoption du mandat de négociation pour l’Accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande, intervenue le 22 mai dernier, a permis le lancement des négociations en juin 2018. La déclaration adoptée lors de la visite du Premier ministre néo-zélandais montre que nos deux pays partagent un objectif commun : faire de ce texte le premier d’une nouvelle génération d’accords commerciaux qui prenne pleinement en compte la responsabilité sociale et environnementale (en particulier dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris), un accord au service des populations et qui les protège en même temps qu’il promeut le libre-échange et le multilatéralisme auquel nos pays sont attachés.

« Haere whakamua, titiro whakamuri »

Contribuer à la lutte contre le changement climatique a été au cœur de ma mission en Nouvelle-Zélande et dans les îles du Pacifique. Ce n’est pas fréquent de voir devant les locaux de l’ambassade une manifestation d’activistes environnementaux félicitant notre pays pour l’Accord de Paris ! J’ai également apporté à mon niveau ma contribution à la lutte contre le changement climatiqueen empruntant ma bicyclette rouge pour aller travailler.

Parmi les souvenirs les plus émouvants de mon séjour resteront les cérémonies de commémoration de la Première Guerre mondiale et la décoration de vétérans. Que ce soit à Arras en 2017, ou lors de la remise des ailes de parachute à Mme Pippa Doyle, ou pour la remise de la Légion d’Honneur à une soixantaine de vétérans de la deuxième Guerre mondiale, toutes ces cérémonies confirment que le passé doit rester un guide pour l’avenir : « Haere whakamua, titiro whakamuri ».

PNG

J’ai souhaité tout au long de ces trois années et demi renforcer notre relation économique. J’ai ainsi rencontré de nombreux hommes d’affaires et visiter de nombreuses entreprises.

Que ce soit sur l’île du Sud avec le rachat de Barker’s of Geraldine par Andros, la tour de séchage de Danone à Baclutha, Pernod Ricard ( Brancott Estate) et Moët- Hennessy (Cloudy Bay), nos entreprises actives dans tout le pays dans les secteurs de l’ingénierie et de l’environnement ou sur les grands projets d’infrastructures (Veolia, Engie, Vinci, Transdev), nos entreprises (une centaine de filiales françaises en Nouvelle-Zélande) ont de belles opportunités de développement dans ce pays.

Une présence renforcée dans le Pacifique

Une meilleure intégration de nos territoires dans la région Pacifique a été un fil rouge constant de mon action. Notre présence dans le Pacifique s’est renforcée avec l’accession au statut de membre à part entière de la Nouvelle Calédonie et de la Polynésie française au Forum des Iles du Pacifique et la signature de deux accords permettant une meilleure connexion par câbles sous-marins de nos territoires avec les iles de la région (câble Tui entre Samoa, Fidji, et Wallis et Futuna, et câble Manatua reliant la Polynésie française, Samoa, Iles Cook et Niue).

Le sport reste bien sûr une source de fierté (la superbe victoire des Bleus lors de la Coupe du monde de football) mais aussi de quelques regrets (rugby à Sept, tests matchs du Quinze de France en juin dernier).

Tous ces évènements se sont toujours déroulés dans un esprit d’équité et de respect. J’ai certes réussi à attirer Dan Carter à Paris mais j’ai échoué avec Ritchie McCaw ! Mais, accueillir à Paris la Coupe du monde de rugby en 2023, les Jeux olympiques en 2024 et, en 2019, les championnats du monde de tonte de moutons (je me suis même essayée au métier de tondeur !), resteront des moments de grande satisfaction collective.

Je me dois également de mentionner la promotion de la gastronomie française, un défi quotidien à mon régime mais qui a permis de valoriser nos fantastiques talents et nos produits français !

Je ne peux pas terminer cette lettre sans mentionner une de mes passions. La randonnée aura été en effet mon jardin secret en Nouvelle Zélande et l’occasion de rencontres extraordinaires sur les chemins, dans les refuges et toujours, face à des paysages exceptionnels.

Mes meilleurs souvenirs de Nouvelle-Zélande restent cependant tous ces moments de rencontres et partage avec toutes les personnes que j’ai rencontrées, le privilège incommensurable de ma fonction.

Amis néo-zélandais, amis français, amis samoans, amis des Iles Cook, merci de l’amitié que vous portez à la France et merci de ce que vous m’avez apporté.

Je souhaite plein succès à l’Ambassadrice désignée, Mme Sylvaine Carta-Le Vert qui prendra ses fonctions le 7 septembre prochain, arrivant de Londres. Je suis persuadée que vous l’accueillerez très chaleureusement.

Vientiane sera ma prochaine résidence d’ambassadeur. Il n’y aura ni le vent de Wellington, ni l’océan mais avant de prendre un jour ma retraite, j’ai souhaité travailler dans un environnement radicalement différent. Le Laos sera ainsi mon prochain défi !

Kia ora,
A bientôt,
Florence Jeanblanc-Risler

Dernière modification : 13/08/2018

Haut de page